mercredi 27 janvier 2010

L'exemple de la vie politique

"Dès qu'il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah n'aime pas le désordre."
(Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 205)

Nous devons tous faire preuve de justice, de moralité et d'honnêteté dans tous les domaines et à tout moment. C'est particulièrement vrai pour les hommes politiques qui dirigent nos démocraties parlementaires. L'homme politique est responsable d'un certain nombre d'individus qui se tournent vers lui pour trouver des solutions. C'est pourquoi il est fondamental qu'il identifie correctement les besoins, qu'il ne fasse pas de discrimination entre les individus, que ses décisions soient justes, et qu'il entreprenne des actions pertinentes pour résoudre les problèmes. Son service pour le bien de la communauté doit être couplé d'une coopération avec des experts et du personnel qualifié afin d'obtenir des résultats. Entouré de son équipe, il doit être capable de réagir rapidement suivant les priorités de ses choix politiques et dans l'intérêt du public.
Or, pour certains, la politique s'apparente plus à une industrie profitable qu'à un service public. Si le politicien perd la notion centrale de service et se laisse aveugler par le pouvoir, sa conservation, sa consolidation et son augmentation, toutes les formes de corruption et de fraudes finissent par s'infiltrer dans le système.
Partout, en Orient ou en Occident, dans les pays développés ou en développement, le monde politique et le monde des affaires ont fusionné. On ne s'étonne alors plus des cas de détournement de fonds ou des scandales d'achats de votes. Dans les systèmes autoritaires, les dirigeants se soucient de financer leurs goûts luxueux quand leurs peuples souffrent de la faim ou d'épidémies. Au Zaïre, l'ancien Président Mobutu n'hésitait pas à envoyer son avion privé pour faire venir son coiffeur alors que son peuple avait à peine de quoi se nourrir. Il amassa une fortune colossale grâce à toutes les ressources naturelles, notamment les mines de diamants. Il autorisa même les pays occidentaux à puiser dans cette richesse naturelle lorsque la situation économique se détériora et les guerres ethniques sévissaient.
Aucune société n'est à l'abri de ces déviations à l'exception de celle où règne la justice du Coran. Les communautés athées attachent trop peu d'importance aux concepts de justice, de clémence, d'amour, de respect et d'honnêteté, puisque chacun poursuit avidement son propre intérêt. Dans un verset, Dieu souligne la menace que représentent ces individus:

"Dès qu'il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah n'aime pas le désordre!" (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 205)

Les caractéristiques humaines mentionnées ci-dessus ne changeront pas tant que ces hommes n'adhèrent pas au Livre de Dieu. Dans un pays où la crainte de Dieu existe et où la conscience prévaut, les erreurs de jugement et les abus de pouvoir sont interdits. Les problèmes des individus sont diagnostiqués et traités correctement et les services répondent aux attentes. Le service rendu au public pour le simple plaisir de Dieu et le soutien proposé en Son nom recevront leurs récompenses dans l'Au-delà. Durant l'histoire, Dieu a transmis le message divin aux peuples à travers Ses messagers qui les invitaient en toute simplicité à la religion de la vérité. Cependant, les peuples réagirent à cette invitation par l'athéisme et la suspicion à l'égard des nobles objectifs. Les messagers répondaient aux incrédules de la même manière:

"Ô mon peuple, je ne vous demande pas de salaire pour cela. Mon salaire n'incombe qu'à Celui qui m'a créé. Ne raisonnez-vous pas?" (Sourate 11, "Hoûd", v. 51)

Ceux qui ont foi en Dieu suivent l'exemple de la conduite louée dans le Coran. Ils n'attendent aucun gain terrestre en retour de leurs services et de leur aide. Dans les sociétés mécréantes, les questions politiques internes et étrangères sont étroitement liées aux intérêts du parti et aux intérêts personnels. C'est pourquoi, le monde politique pullule d'hommes capables de prendre des décisions contraires à l'intérêt public ou national. Les investissements publics sont ciblés et octroyés de sorte à soutenir l'intérêt de groupes précis. De même, les politiques se font plus flexibles et plus conciliants avec les corrupteurs et les fraudeurs à partir du moment où ils agissent au nom d'un groupe précis. Le système de lobbying existant aux États-Unis dans la sphère politique illustre parfaitement le fonctionnement d'un tel système. Des sommes colossales sous forme de donations anonymes sont injectées dans les caisses des campagnes électorales de candidats. L'objectif est d'assurer un siège au Sénat à un politicien qui défendra les points de vue des donateurs. Un article du magazine The Economist consacré aux campagnes généreusement financées soulignait qu'en 1992 ces seules contributions s'élevaient à 3 milliards de dollars.4 En utilisant de manière illégale leurs donations, les lobbies ont même la possibilité de sanctionner les gouvernements. Les hommes politiques subissent une certaine pression dans le sens où ils ne peuvent pas se permettre de dévier des exigences des généreux contributeurs. Guidés par la crainte, ils prennent les mesures qui conviennent aux intérêts de ces groupes. Dans les cas les plus extrêmes, ils s'abaissent à initier des crises artificielles ou utilisent d'autres méthodes insidieuses pour causer l'agitation au sein d'un pays, et préparer ainsi le terrain que les groupes d'intérêt exploitent.
Les liens étroits qu'entretiennent les groupes d'intérêt et les tenanciers du pouvoir poussent des pays dans le chaos, comme certains en Amérique latine. Depuis les cinq ou six dernières décennies, les leaders de régimes fascistes en Amérique latine vivent dans la prodigalité alors que les masses pour leur part vivent en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd'hui encore, le pouvoir dictatorial bascule constamment d'une junte à une autre. Les juntes militaires dirigent le pays d'une poigne de fer, tirant leur pouvoir de la pression qu'ils infligent au peuple. Ces pays situés au carrefour du trafic de drogue sont le terrain de lutte entre les intérêts des politiques et ceux des cartels de la drogue, lutte qui empêche le développement de la stabilité. Ces cercles, qui ne fleurissent que dans le chaos s'entretiennent par la pression et la terreur. La brutalité, les combats, et les guerres civiles semblent interminables. En Colombie, 28.000 meurtres ont été perpétrés en 1992. Ce chiffre est bien la preuve de la brutalité ambiante. Comme nous l'avons vu, l'absence de référence au Coran et à la Sounna explique pourquoi ceux qui détiennent le pouvoir ferment les yeux sur toutes les formes de violence.
Un autre point est frappant dans la vie politique: l'autorité et le pouvoir sont accordés à ceux qui, par nature ou par leurs qualifications ne le méritent pas. Le système des non-croyants repose trop souvent sur le fait qu'il n'est pas essentiel d'être qualifié pour se voir attribuer certains postes. Dans ce cas de figure précis, la prise de décision est guidée par les intérêts privés. Or, le Coran ordonne le contraire:
"Certes Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout." (Sourate 4, "an-Nisâ", Les femmes, v. 58)

Dans une société où les individus ne vivent pas en accord avec le Coran, et par conséquent où les responsabilités et les devoirs ne sont pas alloués sur la base des compétences et des qualifications, celui qui occupe un poste important pratique le népotisme et le "copinage". Au sein des partis, les intérêts particuliers et les préférences politiques sont toujours privilégiés au détriment de la notion de bien public qui n'est autre qu'une formule rhétorique utilisée lors des campagnes électorales. Les services publics, si services il y a, ne sont disponibles que dans les grands centres urbains où les électeurs sont concentrés au détriment du monde rural.
L'athéisme est à l'origine de cette incompréhension et de cette détérioration des valeurs morales. Les individus qui adoptent un comportement détaché de la responsabilité et de la conscience ne craignent pas Dieu. L'autre ne suscite en eux aucun sentiment de pitié. Feignant l'ignorance quant aux comptes qu'ils devront rendre pour leurs actes, ils poursuivent leurs vies sur la voie de la méchanceté et de l'immoralité. Alors, que ceux qui souhaitent mettre un terme à cette misère et se préparer un avenir meilleur adhèrent aux valeurs du Coran et répandent son contenu! Le devoir de tout croyant est d'informer les autres des commandements moraux de Dieu, puis de les pousser à appliquer ces principes pour se protéger de toute malice. Les croyants qui ignorent ce devoir ou qui le retarde doivent craindre de ne pas pouvoir expliquer leur insensibilité dans l'Au-delà.


L'impact de la mécréance sur
l'économie


"Allah anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Allah n'aime pas le mécréant pécheur." (Sourate 2, "al-Baqara",
La vache, v. 276)

L'économie est au cœur de nos discussions quotidiennes. Que ce soit dans les pays riches ou pauvres, peu de communautés sont à l'abri des problèmes économiques. La majorité de la population mondiale est sans le sous et sous dépendance de l'aide internationale. En réalité, cette aide étrangère cause davantage de problèmes qu'elle n'en solutionne. Comment peut-on attendre d'un pays qui ne parvient pas à nourrir sa population qu'il réussisse à payer les intérêts de cette aide?
Qu'il s'agisse de questions de santé ou d'éducation, tout est régi par les finances. Les conditions économiques touchent fortement les individus quel que soit le degré de développement du pays. La richesse et le gaspillage s'exhibent à coté de la pauvreté. La frustration et la non-satisfaction des besoins essentiels aboutissent à des conflits. Tous les rapports, toutes les études, tous les programmes d'amélioration et tous les séminaires de sensibilisation en quête de solutions viables n'ôtent rien au désespoir et à la misère croissante de la majorité du monde.
Le chômage est un phénomène global. Un salaire ne suffit plus à assurer des conditions de vie convenables. Malgré cela, des centaines de candidats postulent à des postes de fonctionnaires dont les revenus restent modérés. Les files d'attente de plusieurs heures ne rebutent plus les candidats devant les bureaux d'emploi tant ils sont motivés par le faible espoir de trouver un emploi.
Quelle est donc la solution? Pourquoi les mesures adoptées ne parviennent-elles pas à éradiquer le problème?
La stabilité économique est maintenue essentiellement grâce au développement économique, à la productivité, à une main d'œuvre productive, à des offres d'emploi disponibles en grand nombre. Or, les chiffres indiquent que 820 millions d'individus dans le monde sont au chômage. Si on ajoute à ce chiffre, les personnes à charge de ces chômeurs, le phénomène prend une dimen sion encore plus grave.
Aujourd'hui, les systèmes économiques en particulier ceux des pays en développement reposent largement sur les intérêts bancaires. Les forts taux que proposent les banques aux emprunteurs ont un impact destructeur sur les économies nationales. C'est pourquoi les gens préfèrent déposer leur argent dans une banque plutôt que de l'investir de manière productive. Il est, en effet, plus simple pour les riches de vivre des intérêts que leur versent les banques plutôt que de travailler. Il est donc évident que le pays dans lequel de nombreux individus ne travaillent pas n'invite pas à l'investissement, alors qu'il est essentiel pour son développement.
Ces systèmes font la promotion des banques en diffusant des messages tels que: "Vous pouvez arrêter d'investir dans votre entreprise et partir en vacances…" Ce raisonnement, bien que simple et attractif en apparence conduit à la dévastation au lieu de la sécurité et de la richesse. De fait, une économie qui ne se nourrit pas d'investissements est condamnée à la ruine. L'argent accumulé dans les comptes en banque et dans les coffres forts tire vers le bas les taux d'investissements et vers le haut celui de l'inflation. Ceux qui se gardent de contribuer à l'économie en plaçant leur argent à la banque et qui préfèrent "aller en vacances" en paieront les conséquences à terme. L'argent qui dort à la banque perd constamment de sa valeur car sur la durée, il ne parviendra pas à se maintenir face à la croissance du taux d'inflation.
En basant l'économie sur la production, un rétablissement général qui profite à tous est possible. En effet, Dieu nous ordonne de dépenser notre argent au bénéfice des autres. Dans la sourate at-Tawba, Il annonce une punition douloureuse pour ceux qui amassent des biens:

"Ô vous qui croyez! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent les biens des gens illégalement et leur obstruent le sentier d'Allah. À ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le sentier d'Allah, annonce un châtiment douloureux." (Sourate 9, "at-Tawba", Le repentir, v. 34)

La société qui applique les principes coraniques adopte des pratiques qui profitent aux individus et qui permettent au système d'avancer. Dieu interdit l'intérêt afin de préserver l'homme de la souffrance du poids des dettes:

"Ceux qui pratiquent l'intérêt usuraire ne se tiennent au Jour du jugement que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils disent: ‘Le commerce est tout à fait comme l'intérêt.' Alors qu'Allah a rendu licite le commerce et illicite l'intérêt. Celui, donc qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu'il a acquis auparavant; et son affaire dépend d'Allah. Mais quiconque récidive… alors les voilà, les gens du Feu! Ils y demeureront éternellement." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 75)

Un autre verset souligne que l'intérêt ne contribue pas à la prospérité de l'homme:

"Allah anéantit l'intérêt et fait fructifier les aumônes. Et Allah n'aime pas le mécréant pêcheur." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 276)

La stabilité et l'ordre améliorent de façon notoire les niveaux de vie aussi bien dans les domaines sociaux qu'économiques. Les croyants sont ceux qui assument la responsabilité d'apporter des solutions. On ne peut se permettre d'attendre que les autres prennent des initiatives, c'est pourquoi Dieu a chargé chaque croyant de cette responsabilité. Il doit pour cela informer sur sa religion et sur les bénédictions qu'elles ajoutent à sa vie.
Les individus convaincus que les biens – contrairement à l'intérêt – dépensés pour le bienfait d'autrui contribueront à la prospérité, dépenseront sans hésiter la part de ce dont ils n'ont pas besoin pour une bonne cause. Les bénéfices d'un tel système sont évidents et palpables. Il suffit d'enseigner le Coran pour les récolter.
Le Coran et la Sounna exhortent à améliorer son propre bien être ainsi que celui des autres, puisque les valeurs de l'islam exigent la coopération, la solidarité et l'unité.
Les interdictions de Dieu préservent les droits d'autrui. Aucun croyant ne cherche à se saisir illégalement des biens ou des droits d'autrui. Aucun croyant ne fraude dans les poids et les mesures. L'injustice n'est jamais permise dans le Coran. Il interdit les transactions basées sur l'intérêt, ainsi les riches ne cherchent pas à dépouiller les pauvres.
Les sociétés qui appliquent les valeurs religieuses ne gaspillent rien. Les gens consomment sans tomber dans l'excès. La coopération et la justice améliorent le niveau de vie et le bien-être. Il suffit de se référer à la période bénie de la première communauté de l'islam pour pleinement sentir les bienfaits de l'adhésion au Coran et à la Sounna.



La religion nous impose de protéger les nécessiteux
et les orphelins


"Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous, ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier d'Allah. Qu'ils pardonnent et absolvent. N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne? et Allah est Pardonneur et Miséricordieux!" (Sourate 24, "an-Noûr", La lumière, v. 22)

Aujourd'hui, le phénomène de la pauvreté n'est plus réservé à certains pays. Le monde entier est rempli d'enfants sans abris qui essaient de gagner leur vie dans la rue en ramassant les ordures ou en effectuant des travaux dangereux au péril de leur vie. À cause de la malnutrition et des problèmes liés à la pauvreté, le taux de mortalité infantile reste élevé à travers le monde. Les statistiques sur la pauvreté et les enfants abandonnés attestent de la gravité de la situation.
En 1982, l'UNESCO dénombrait 200.000 enfants dans les rues d'Istanbul, 10.000 à Bogota et deux millions à Rio de Janeiro. En Afrique, le chiffre est estimé à cinq millions et il augmente constamment en raison des guerres civiles, des pénuries, du SIDA et de l'exode rural. Dans le monde, 30 à 70 millions d'enfants dorment dehors.5
Aux États-Unis, le niveau de dénuement chez les jeunes enfants a augmenté dans une proportion alarmante. Entre 1979 et 1994, aux États-Unis, le nombre d'enfants âgés de moins de six ans qui vivaient dans la misère est passé de 3,5 millions d'invidus à 6,1 millions. En 1994, presque la moitié de l'ensemble des enfants âgés de moins de six ans vivait dans des familles pauvres ou quasiment pauvres. En plus de 6,1 millions de jeunes enfants qui vivaient dans la misère, presque 4,8 millions d'autres jeunes enfants vivaient également dans une situation de quasi pauvreté.6
Ces données statistiques montrent que les pays développés ne sont pas à l'abri de la pauvreté. Le chômage et l'inefficacité des systèmes de sécurité sociale sont principalement responsables de cette pauvreté.
Or, le Coran et la Sounna nous commandent de protéger les pauvres et les nécessiteux. De nombreux hadith du Messager de Dieu, le Prophète Mouhammad (pbsl) enjoignent les croyants à le faire. L'un d'eux s'adresse à nous de la sorte:
Aimez les pauvres et soyez près d'eux. Si vous les aimez, Dieu vous aimera. Si vous prenez soin d'eux, Dieu prendra soin de vous. Si vous les habillez, Dieu vous habillera. Si vous les nourrissez, Dieu vous nourrira. Dieu sera généreux si vous êtes généreux.7
Dans les ex-pays socialistes, la pauvreté se traduit différemment. Le niveau de vie de pratiquement toute la population est bas, ce qui se répercute sur l'ensemble du pays. Les infrastructures urbaines et les systèmes de sécurité sociale sont inadaptés. Quand bien même la population dispose d'argent, la nourriture est rare et la pénurie est tangible sur les marchés.
Il est possible de lister les raisons de cette pauvreté, mais il serait plus utile de discuter de l'impact de la pauvreté sur la société et des moyens de l'éradiquer. Les chapitres suivants traiteront des problèmes relatifs à la pauvreté en sous catégories.

Les effets destructeurs de la pauvreté sur la société

Il n'y a pas de doute que ce sont les enfants qui souffrent le plus des conséquences de la pauvreté. Le système éducatif rejette les enfants pauvres et sans domicile car ils n'ont pas de quoi justifier de leur adresse, de leur age ni de leurs vaccins. Ils ne mangent pas à leur faim. Ils sont contraints de travailler dans des conditions pénibles. Parfois même, il arrive qu'ils soient vendus par leurs parents comme esclaves.
La plupart sont payés une misère et essaient de subsister dans les environnements les plus insalubres; ce qui peut s'avérer mortels dans certains cas. La population indienne compte 940 millions d'individus, dont 44 à 100 millions de petits travailleurs, soit l'équivalent de la totalité des enfants qui travaillent dans le reste du monde. Le Pakistan, qui compte 120 millions d'habitants dénombre environ 8 millions d'enfants travailleurs.8 Le triste sort des enfants pauvres n'est pas différent dans le reste du monde.
Nous sommes tous conscients des conditions de travail difficiles des enfants. Malgré cela, leurs pays se soucient plus de la compétitivité économique que ces enfants permettent d'atteindre que de la consolidation du développement par des services sociaux et des systèmes d'éducation. Leurs débats se concentrent sur la croissance de leur compétitivité et non sur le sort de ces enfants.9
Des pays comme l'Inde ou le Pakistan allouent une grosse partie de leur budget au poste de la défense, alors que les réformes se font pressantes dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'industrie. Le Pakistan consacre 60% de son budget aux dépenses d'armements et de défense. L'état de pauvreté de la population pakistanaise ne modifie en rien l'organisation des dépenses. Pour leur part, les États-Unis consacrent 35 milliards de dollars par an à l'armement nucléaire. Depuis 1946, année où les programmes liés à la bombe nucléaire furent initiés et jusqu'en 1996, environ 5,5 billions de dollars ont été dépensés.10
L'argent de la défense et de l'armement permettrait de soulager les problèmes des peuples touchés par la pauvreté. La vie de millions d'enfants ne signifie rien face aux enjeux politiques et aux calculs d'intérêts.
À bien y réfléchir, les dépenses de défense sont inévitables étant donné les conflits, le chaos, les outrages et les violences. Le système de défense permet au pays de s'affirmer dans ce monde conflictuel.
Toujours est-il que la misère persiste. Les discours sans fin sont inutiles tout autant que le fait de se voiler la face devant les mendiants en les évitant. La coordination de programmes réguliers en matière d'éducation, de santé, de besoins basiques (alimentation, foyer, habillement) pour les pauvres est essentielle.
Cela n'est toutefois possible que par le développement de la sensibilité à laquelle le Coran appelle. Ses valeurs invitent à la paix et au respect des droits d'autrui. Par conséquent, il faut limiter les ressources consacrées à la défense et investir cet argent dans le bien-être, la paix et l'éducation publique.
Assurément, la défense n'est qu'un poste parmi d'autres dans lesquels on pourrait effectuer des coupes. L'essentiel est de comprendre que la solution réside dans les valeurs du Coran et dans celles de la Sounna. L'individu conscient de ces valeurs sera à même de donner sa part de nourriture au nécessiteux et à l'orphelin, quand lui-même est affamé. Il ne sera pas de ceux qui offrent aux autres ce que lui-même n'aime pas et il n'exigera rien en retour de ce qu'il donne. Dieu explique dans la sourate an-Noûr comment les personnes aisées devraient se comporter:

"Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier d'Allah. Qu'ils pardonnent et absolvent! N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux!" (Sourate 24, "an-Noûr", La lumière, v. 22)

Dans Ses sourates, Dieu explique le comportement que les riches doivent adopter vis-à-vis des pauvres. Dieu nous rappelle qu'une partie des biens des riches appartient aux pauvres. Il déclare également que certains n'affichent pas leur pauvreté et Il exhorte à la protection de leurs droits:

"Et dans leurs biens, il y avait un droit au mendiant et au déshérité." (Sourate 51, "adh-Dhâriyât", Les ouragans, v. 19)

"Aux nécessiteux qui se sont confinés dans le sentier d'Allah, ne pouvant pas parcourir le monde, et que l'ignorant croit riches parce qu'ils ont honte de mendier. Tu les reconnaîtras à leur aspect. Ils n'importunent personne en mendiant. Et tout ce que vous dépensez de vos biens, Allah le sait parfaitement." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 73)


La souffrance de ceux qui sont forcés à émigrer

La pauvreté force les individus à chercher un sort meilleur ailleurs. L‘espoir d'une opportunité d'embauche ou d'un meilleur niveau de vie, les luttes ou les pénuries provoquent des déplacements de population et de sérieux conflits entre les pays.
À l'origine, le flux des réfugiés du Tiers Monde avait été favorisé par les pays d'accueil. Il entrait en effet dans le cadre de traités internationaux et fournissait une main d'œuvre bon marché aux pays occidentaux. Ces réfugiés acceptaient de travailler pour de bas salaires et dans des conditions très pénibles. Pendant longtemps, ils contribuèrent au développement économique de leurs pays d'accueil; mais aujourd'hui, une fois la stabilité et le bien-être économiques atteints, ces travailleurs immigrés ne sont plus utiles et la préférence est donnée aux citoyens locaux. C'est exactement ce qui se produisit quand après des années de service, des travailleurs immigrés ont été expulsés de Malaisie et ont dû retourner dans leurs pays d'origine.
Les migrations ne sont pas seulement motivées par la recherche de meilleures conditions de vie. La misère qui naît de la guerre déracine des populations. À la vue de la situation critique des peuples qui fuient la guerre, quelques pays acceptent encore des réfugiés de guerre. Mais la majorité est éconduite, malgré ce que cela leur a coûté d'efforts.
En mars 1998, la fuite de 300.000 réfugiés kosovars malgré l'hiver glacial a pratiquement vidé les villes du Kosovo.
En novembre 1990, les Tchétchènes fuirent à pied les attaques russes vers les pays voisins; ils furent soumis à un contrôle strict aux frontières et rencontrèrent l'hostilité dans ces pays. Beaucoup moururent de froid avant d'atteindre la terre turque.
En Afrique, les guerres tribales sont responsables du déplacement de dizaines de milliers d'individus. Au Zaïre, en raison du conflit entre Hutus et Tutsis, la population chercha en vain asile auprès des pays frontaliers afin de fuir la faim et les épidémies. (Voir les détails dans le chapitre "Le Racisme")
Les valeurs du Coran et de la Sounna édifient une structure sociale complètement différente dans la mesure où elle protège les droits des pauvres et des exilés. Tous les moyens sont employés pour améliorer leurs conditions et alléger leurs souffrances. C'est pourquoi les croyants n'hésitent pas à faire des sacrifices. À l'époque du Prophète Mouhammad (pbsl) ces valeurs étaient particulièrement apparentes dans l'attitude des musulmans envers ceux qui avaient dû quitter leurs foyers pour la cause de Dieu:

"Ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que ces immigrés ont reçu et les préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent." (Sourate 59, "al-Hachr", Le grand rassemblement, v. 9)

"Aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu'ils cherchaient une grâce et un agrément d'Allah et qu'ils soutenaient la cause d'Allah et de son Messager. Ceux-là sont les véridiques." (Sourate 59, "al-Hashr", Le grand rassemblement, v. 8)

Ces versets montrent que nous sommes bien loin aujourd'hui de ces valeurs. Dans le Coran, tout appel à l'aide est entendu avec générosité et bienveillance. C'est avec la meilleure volonté que le croyant aide celui qui le sollicite. En plus de cette injonction à aider les nécessiteux, le Coran exige que le pourvoyeur ne fasse pas preuve de faiblesse morale en se vantant de ses accomplissements ou en exprimant à son tour ses propres besoins. Ces valeurs morales contribuent à solutionner ces problèmes.

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